L’intelligence artificielle modifie déjà les attentes des étudiants français vis-à-vis de leur future vie professionnelle. Le sondage OpinionWay pour Chance publié en mai 2026 montre que 77 % des étudiants interrogés s’attendent à une concurrence plus forte entre jeunes diplômés. Mais cette transformation n’est pas uniquement vécue comme une menace : 63 % pensent que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement. Entre nouvelles compétences, inquiétudes et attentes envers l’enseignement supérieur, l’étude permet de comprendre comment les 18-24 ans se projettent dans un marché du travail bouleversé par l’IA.
- L’entrée dans la vie active à l’heure de l’intelligence artificielle
- La concurrence, premier changement attendu par les étudiants
- Trouver un emploi : l’IA est perçue comme un obstacle et un levier
- L’avenir des métiers nourrit les inquiétudes
- Savoir utiliser l’IA devient un avantage professionnel
- Les étudiants attendent davantage de leur formation
- L’apprentissage concret des outils d’IA reste limité
- Tous les étudiants ne se sentent pas préparés de la même manière
- Que peut-on réellement conclure sur l’avenir de l’emploi ?
- À propos de l’étude OpinionWay pour Chance
- Cinq enseignements à retenir
L’entrée dans la vie active à l’heure de l’intelligence artificielle
Pour les étudiants qui se préparent à rejoindre le marché du travail, l’intelligence artificielle n’est plus un sujet abstrait. Elle intervient désormais dans leurs réflexions sur les compétences à acquérir, la concurrence entre candidats et même la pérennité des métiers auxquels ils se destinent.
C’est cette perception qu’OpinionWay a étudiée pour Chance auprès de 513 étudiants français âgés de 18 à 24 ans. L’enquête, menée du 11 au 18 mai 2026, fait apparaître une génération qui s’attend à devoir composer avec l’IA dès son entrée dans la vie professionnelle.
Les résultats montrent que les étudiants français envisagent l’intelligence artificielle avec des sentiments contrastés. 77 % pensent qu’elle renforcera la concurrence entre jeunes diplômés et 61 % se disent inquiets pour leur futur professionnel. Pourtant, 63 % pensent également que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement. Elle est donc perçue à la fois comme une transformation à laquelle il faudra s’adapter et comme un outil susceptible d’offrir de nouvelles possibilités.
La concurrence, premier changement attendu par les étudiants
Le résultat le plus net du sondage concerne la compétition pour accéder à l’emploi. 77 % des répondants pensent que l’intelligence artificielle va rendre le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés.
Parmi l’ensemble des étudiants interrogés, 32 % répondent « oui, tout à fait » et 45 % « oui, plutôt ». Seuls 22 % ne partagent pas cette anticipation, tandis que 1 % ne se prononce pas.
Plus de trois étudiants français sur quatre pensent que l’intelligence artificielle va accroître la concurrence sur le marché du travail pour les jeunes diplômés. Cette perception concerne 78 % des femmes et 76 % des hommes. Elle est également partagée par 79 % des 18-19 ans et 75 % des 20-24 ans.
Cette anticipation est donc largement répandue dans l’échantillon. Elle atteint également 77 % chez les étudiants de niveau Bac+1 ou Bac+2 et 76 % chez ceux de niveau Bac+3 ou plus.
Il convient toutefois de préciser que les personnes interrogées sont des étudiants et non des jeunes diplômés déjà présents sur le marché du travail. Le chiffre de 77 % correspond donc à leur anticipation de la situation future des diplômés.
Trouver un emploi : l’IA est perçue comme un obstacle et un levier
Le rapport met en évidence une apparente contradiction dans la manière dont les étudiants envisagent leur recherche d’emploi.
D’un côté, 59 % considèrent que l’intelligence artificielle rend aujourd’hui plus difficile le fait de trouver un emploi. Cette opinion est notamment partagée par 63 % des femmes, contre 53 % des hommes.
De l’autre, une proportion légèrement supérieure considère que ces mêmes technologies peuvent devenir utiles dans une recherche d’emploi : 63 % pensent que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.
Les deux perceptions coexistent chez les étudiants interrogés. 59 % pensent que l’intelligence artificielle rend plus difficile le fait de trouver un emploi aujourd’hui, tandis que 63 % estiment qu’elle peut les aider à en trouver un plus rapidement. L’étude montre ainsi que l’IA est simultanément associée à une transformation plus exigeante du marché du travail et à de nouveaux outils pour y accéder.
Cette dualité constitue un point important pour comprendre l’étude : les étudiants ne semblent pas opposer mécaniquement intelligence artificielle et emploi. Ils envisagent plutôt une modification des règles du jeu professionnel.
L’avenir des métiers nourrit les inquiétudes
Au-delà de l’accès au premier emploi, les conséquences possibles de l’IA sur les métiers préoccupent une majorité des répondants.
61 % des étudiants se disent inquiets de l’arrivée de l’intelligence artificielle lorsqu’ils pensent à leur futur professionnel. Parmi eux, 26 % répondent « oui, tout à fait » et 35 % « oui, plutôt ».
Six étudiants sur dix environ sont inquiets des conséquences de l’intelligence artificielle sur leur futur professionnel. Le total atteint 61 % des répondants et monte à 64 % chez les 20-24 ans, contre 59 % chez les 18-19 ans.
La possibilité d’un remplacement de certains métiers divise encore davantage les étudiants. 50 % craignent que l’intelligence artificielle remplace le métier auquel ils se destinent, tandis que 49 % ne partagent pas cette crainte et 1 % ne se prononce pas.
Cette inquiétude est plus répandue chez les femmes : 54 % craignent le remplacement de leur futur métier, contre 46 % des hommes.
Savoir utiliser l’IA devient un avantage professionnel
Face à ces transformations, une majorité d’étudiants estime qu’il faudra apprendre à travailler avec l’intelligence artificielle plutôt que simplement la subir.
67 % des répondants considèrent que maîtriser l’IA est un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité. Dans le détail, 29 % répondent « oui, tout à fait » et 38 % « oui, plutôt ».
67 % des étudiants français interrogés considèrent la maîtrise de l’intelligence artificielle comme un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur. Cette proportion atteint 72 % chez les hommes et 62 % chez les femmes. Elle est également de 72 % parmi les étudiants en Bac+3 ou plus, contre 65 % chez les Bac+1 ou Bac+2.
Cette donnée ne permet pas de conclure que les employeurs réclament effectivement une maîtrise de l’intelligence artificielle dans les mêmes proportions. Le sondage mesure les attentes des étudiants et non les critères de recrutement des entreprises.
Il montre cependant que les compétences liées à l’IA occupent déjà une place importante dans leur conception de l’employabilité.
Les étudiants attendent davantage de leur formation
Si l’intelligence artificielle prend une place croissante dans leurs projections professionnelles, les étudiants portent un regard nuancé sur la manière dont leur école ou leur université les accompagne.
Le premier constat est plutôt favorable : 60 % considèrent que leur établissement les informe suffisamment sur l’impact de l’IA dans leur futur métier.
Par ailleurs, 53 % estiment que leur établissement les aide à comprendre quelles compétences de leur futur métier évoluent avec l’intelligence artificielle.
Mais cette appréciation positive ne se retrouve pas dans tous les indicateurs. 57 % des étudiants jugent leur établissement en retard sur les enjeux liés à l’IA et 58 % considèrent que les formations proposées ne sont pas adaptées aux réalités du marché du travail actuel avec l’intelligence artificielle.
Les étudiants portent un jugement contrasté sur l’accompagnement de leur établissement. 60 % s’estiment suffisamment informés sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, mais 57 % considèrent leur école ou leur université en retard sur ces enjeux. De plus, 58 % jugent les formations proposées insuffisamment adaptées aux réalités actuelles du marché du travail avec l’intelligence artificielle.
L’apprentissage concret des outils d’IA reste limité
La différence entre sensibilisation et apprentissage apparaît encore plus clairement lorsque la question porte sur l’utilisation pratique de l’intelligence artificielle.
48 % seulement des étudiants estiment que leur établissement les forme concrètement aux outils d’IA dans leur futur métier. À l’inverse, 51 % ne partagent pas cette opinion et 1 % ne se prononce pas.
48 % des étudiants français de 18 à 24 ans interrogés déclarent que leur établissement les forme concrètement à l’utilisation des outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier. Ce total correspond à 16 % qui sont « tout à fait d’accord » et 32 % « plutôt d’accord ». À l’inverse, 33 % sont « plutôt pas d’accord » et 18 % « pas du tout d’accord ».
Le rapprochement avec les attentes exprimées précédemment fait apparaître un contraste important : 67 % des étudiants jugent la maîtrise de l’IA indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur, contre 48 % qui déclarent être concrètement formés à ses outils.
L’écart est de 19 points. Ces deux questions ne mesurent toutefois pas exactement le même objet : il convient donc de parler d’un décalage entre deux perceptions plutôt que d’en déduire directement un déficit de formation de 19 points.
Tous les étudiants ne se sentent pas préparés de la même manière
Les résultats détaillés du sondage montrent plusieurs différences selon le sexe, le niveau d’études ou encore le type de cursus.
| Indicateur | Profil | Résultat |
|---|---|---|
| Maîtrise de l’IA jugée indispensable | Hommes | 72 % |
| Maîtrise de l’IA jugée indispensable | Femmes | 62 % |
| Formation concrète aux outils d’IA | Hommes | 54 % |
| Formation concrète aux outils d’IA | Femmes | 43 % |
| Formation concrète aux outils d’IA | Université | 43 % |
| Formation concrète aux outils d’IA | Autres cursus | 56 % |
| Aide à comprendre l’évolution des compétences | Université | 47 % |
| Aide à comprendre l’évolution des compétences | Autres cursus | 64 % |
Un écart de formation déclaré entre hommes et femmes
54 % des hommes estiment être concrètement formés aux outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier, contre 43 % des femmes, soit une différence de 11 points.
La formation pratique est moins souvent déclarée à l’université
Parmi les étudiants à l’université, 43 % déclarent être concrètement formés aux outils d’IA. Cette proportion atteint 56 % parmi ceux suivant d’autres cursus.
Un autre écart apparaît sur la compréhension de l’évolution des compétences professionnelles : 47 % des étudiants à l’université estiment que leur établissement les aide sur ce sujet, contre 64 % dans les autres cursus.
Ces comparaisons doivent rester descriptives. Le rapport ne précise pas lesquels des écarts observés entre sous-groupes sont statistiquement significatifs.
Que peut-on réellement conclure sur l’avenir de l’emploi ?
Les résultats montrent clairement que les étudiants s’attendent à une transformation de leur environnement professionnel. Ils ne permettent cependant pas de prévoir précisément les conséquences économiques de l’intelligence artificielle.
L’étude OpinionWay pour Chance montre que 77 % des étudiants anticipent davantage de concurrence entre jeunes diplômés, 59 % pensent que l’IA rend aujourd’hui la recherche d’emploi plus difficile et 50 % craignent le remplacement du métier auquel ils se destinent. Mais elle ne mesure ni les créations ni les suppressions d’emplois provoquées par l’intelligence artificielle. Ces résultats décrivent donc les perceptions des étudiants français en mai 2026 et non l’impact économique futur de l’IA sur l’emploi.
Le sondage ne fournit notamment aucune estimation du nombre d’emplois menacés, du nombre de postes créés grâce à l’IA ou de l’évolution du chômage des jeunes qui pourrait lui être attribuée.
Son intérêt est différent : il permet de comprendre comment les étudiants qui s’apprêtent à entrer dans la vie active se représentent les changements en cours.
À propos de l’étude OpinionWay pour Chance
L’enquête OpinionWay pour Chance porte sur 513 personnes représentatives de la population étudiante française âgée de 18 à 24 ans.
Les interviews ont été réalisées du 11 au 18 mai 2026 par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas en tenant compte du sexe, de l’âge, du cursus scolaire, de la catégorie d’agglomération et de la région de résidence.
Il comprend 54 % de femmes et 46 % d’hommes. Les étudiants de 18 à 19 ans représentent 51 % des répondants et ceux de 20 à 24 ans 49 %. Enfin, 65 % des répondants étudient à l’université et 35 % suivent un autre cursus.
OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et règles de la norme ISO 20252.
L’institut précise également que les résultats doivent être interprétés en tenant compte de marges d’incertitude allant de 2,0 à 4,5 points au plus pour un échantillon de 500 répondants.
Enfin, l’étude est déclarative et porte exclusivement sur des étudiants de 18 à 24 ans. Ses résultats ne peuvent donc pas être généralisés automatiquement à l’ensemble des jeunes Français ou aux jeunes diplômés déjà présents sur le marché du travail.
Cinq enseignements à retenir
| Enseignement | Résultat |
|---|---|
| La concurrence entre jeunes diplômés devrait augmenter | 77 % |
| Maîtriser l’IA est considéré comme indispensable pour l’emploi dans son secteur | 67 % |
| L’IA peut aider à trouver un emploi plus rapidement | 63 % |
| L’arrivée de l’IA inquiète pour l’avenir professionnel | 61 % |
| L’établissement forme concrètement aux outils d’IA | 48 % |
L’étude OpinionWay pour Chance montre que les étudiants français s’attendent à entrer dans un marché du travail profondément marqué par l’intelligence artificielle. 77 % anticipent davantage de concurrence entre jeunes diplômés et 61 % sont inquiets pour leur futur professionnel. Ils cherchent néanmoins à s’adapter : 67 % considèrent la maîtrise de l’IA comme indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur et 63 % pensent qu’elle peut faciliter leur recherche d’emploi. En revanche, seuls 48 % estiment être concrètement formés à ces outils par leur établissement.
Le tableau qui se dégage n’est donc ni totalement pessimiste ni franchement optimiste. Les étudiants ont largement intégré l’idée que l’intelligence artificielle fera partie de leur environnement professionnel et qu’ils devront apprendre à travailler avec elle.
L’enjeu mis en lumière par l’étude concerne désormais la préparation à cette transition : les compétences en IA sont déjà jugées déterminantes par une majorité, alors que leur apprentissage concret n’est déclaré que par moins d’un étudiant sur deux.
Questions fréquentes
Comment l’IA transforme-t-elle les perspectives professionnelles des étudiants ?
Les étudiants anticipent principalement davantage de concurrence : 77 % pensent que l’IA rendra le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés. Ils considèrent aussi de plus en plus sa maîtrise comme une compétence professionnelle importante.
Les étudiants ont-ils peur pour leur futur métier ?
61 % se disent inquiets de l’arrivée de l’intelligence artificielle pour leur futur professionnel et 50 % craignent que l’IA remplace le métier auquel ils se destinent.
L’intelligence artificielle peut-elle aussi faciliter l’accès à l’emploi ?
Selon les étudiants interrogés, oui : 63 % pensent que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.
Quelle importance les étudiants accordent-ils aux compétences en IA ?
67 % considèrent la maîtrise de l’intelligence artificielle comme un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité.
La formation pratique est-elle à la hauteur de ces attentes ?
Moins de la moitié des étudiants le pensent : 48 % estiment que leur établissement les forme concrètement aux outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier.